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Ténèbres (1/3)


4 Responses to “Ténèbres (1/3)”


  1. janvier 18, 2012 à 11:19

    Eh ben, on peut dire que Rin t’aura vraiment marqué, ça me rappelle un peu ce que j’ai vécu avec Serial Experiments Lain, je sais pas si tu connais. C’est un anime qui te bouleverse les tripes et les neurones de manière magistrale. Je suis sortie de l’expérience dans un de ces états… Peut-être que Rin est ta Lain et qu’elle te permet de te découvrir =).

    • janvier 19, 2012 à 2:28

      Je connais bien Lain, l’un des premiers animés que j’ai vu quand j’ai commencé ma route dans l’otakisme… C’était y a quasiment 12 ans maintenant. Erf.

      Lain m’a marqué et hypnotisé, et je l’ai revu plusieurs fois. Mais il ne m’a pas bouleversé autant que Katawa Shoujo. Peut-être parce qu’il est plus cérébral. Vu que ma condition ne s’est pas vraiment amélioré ces dernières années, je dirais qu’une romance en apparence simple, mais bien écrite (alors que je hais les romances habituellement), était juste ce qu’il fallait pour toucher les points sensibles.

      Lain parle de la manière dont la virtualité gomme la réalité, KS parle de pourquoi on déserte le réel, évoque de manière plus douce, et au final, plus violente, la question de notre rapport à l’autre.

      Je n’étais pas préparé à ressentir des choses aussi fortes. Je crois que j’avais un peu oublié que je pouvais ressentir des choses d’une manière aussi violente. J’avais en quelque sorte, complètement abandonné l’idée de connaître le sentiment amoureux. Je ne sais pas si j’ai retrouvé espoir, mais maintenant je comprends mieux pourquoi ma manière d’envisager la vie est mauvaise.

      A force de vivre immergé dans la fiction, on oublie un peu que la réalité peut être belle aussi. Se le voir rappeler par une fiction, c’est à la fois ironique, pathétique, et très brutal.

  2. janvier 21, 2012 à 4:21

    Oh, tu as regardé Lain à douze ans donc ? Cela devait être quelque chose ^_^.

    Je pense qu’on est plus facilement bouleversé par les histoires qui parlent à notre expérience tout en nous ouvrant de nouvelles perspectives. C’était mon cas avec Lain parce qu’en plus de son aspect cyber-punk, l’animé me montrait une héroïne effacée qui s’engouffrait dans une lente descente aux enfers, se rendant compte petit à petit que rien, même pas elle, n’était réel. Lain se détruisait et se cherchait, c’est quelque chose qui me parlait énormément. Ainsi l’épisode 10 dans une scène de quelques secondes aura suffit à me renvoyer un énorme coup de poing et la toute fin de la série me renvoyait à mes souhaits impossibles. Katawa Shoujo me montre aussi une héroïne qui me ressemble à travers Rin, son côté distant, ailleurs, ses bizarreries et ses réflexions, mais cela ne m’ouvre pas de nouvelles perspectives parce que tout cela, je le connais déjà (mis à part que j’ai heureusement mes deux bras en place et que j’écris au lieu de peindre).

    Mon hypothèse est que, quand j’ai découvert Rin à travers les yeux de la Rin-like que je suis déjà au quotidien, je n’y ai rien trouvé de nouveau, ce qui m’a empêché de me sentir bouleversée, alors que toi tu as dû découvrir Rin à travers les yeux d’un Hisao-like, quelqu’un qui ne connaît pas cet univers et qui apprend à l’apprivoiser.

    « A force de vivre immergé dans la fiction, on oublie un peu que la réalité peut être belle aussi. Se le voir rappeler par une fiction, c’est à la fois ironique, pathétique, et très brutal » = Pour moi ce n’est ni ironique, ni pathétique : c’est le but de la fiction =). De te faire découvrir le monde sous une nouvelle perspective. De transformer le quotidien en beauté. De réveiller des sentiments au plus profond de toi. C’est ce vers quoi tendent les chefs d’œuvre, non ^^ ?

    (Je reconnais que c’est étrange de dire ça vu que je n’ai pas aimé Katawa Shoujo mais, après tout, l’appréciation d’une œuvre dépend de l’expérience des gens et si l’équipe Four Leaf a réussi à te toucher, c’est qu’ils ont réussi leur objectif)

    • janvier 22, 2012 à 5:43

      J’ai regardé Lain il y a 12 ans, en 2000 ou 2001. C’est l’un des premiers anime un peu sérieux que j’ai regardé, avec Vision d’Escaflowne. J’avais 14 ans.

      La première fois que je l’ai regardé, je n’ai pas compris grand chose. Ce qui m’a fasciné, c’est surtout l’aspect addiction à l’ordinateur. Avant d’être accrocs à la culture japonaise, j’ai été plongé très tôt, au collège, dans le curieux monde de l’informatique (bien avant qu’il soit populaire, et même avant internet, au temps des LAN, des disquettes, des premiers jeux 3D, etc.). La glissade dans le virtuel, le fossé avec le réel, la familiarité avec les composants informatiques et la solitude devant l’écran, sont des thématiques qui renvoyaient alors directement à mon quotidien.
      Je dois reconnaître qu’aucun anime n’arrive comme Lain à traiter du lien avec la technique. Ce n’est pas par hasard si cet anime a longtemps été ma série favorite, et qu’un poster de Lain côtoyait dans ma chambre, des posters d’Akira et Ghost in the Shell (et que Duvet est dans ma playlist depuis 10 ans).

      Je crois qu’en ce qui concerne la relation à la technique, la culture moderne est encore trop influencée par des grandes oeuvres du cinéma et de la SF (Asimov, Fritz Lang, James Cameron etc.) alors qu’il y a de la place aujourd’hui pour une approche plus intime, voir charnelle de ce lien homme-machine (Lain, Vidéodrome).

      En ce qui concerne ma réception de la route de Rin dans KS, je crois que oui, je peux parfaitement m’identifier à Hisao. Ce qui est terrible, c’est que j’ai justement repoussée une fille (une normalfag) dans le passée, parce que j’interprétais chacune de ses approches comme des tentatives de me forcer à changer (invitation dans des soirées, sortir tout le temps, parler de mariage et d’enfant, etc.), alors que c’était probablement sa manière de me montrer son amour. Je crois qu’il n’y a rien de plus triste que ce se rendre compte qu’on a refusé l’amour d’un autre par égoïsme, par volonté de préserver son petit confort. Faire mal à ceux qui m’entourent en croyant bien faire, c’est vraiment quelque chose que j’ai dû faire toute ma vie. Réaliser cela me plonge dans un spleen qui semble ne pas finir.

      Pour moi ce n’est ni ironique, ni pathétique : c’est le but de la fiction =). De te faire découvrir le monde sous une nouvelle perspective. De transformer le quotidien en beauté. De réveiller des sentiments au plus profond de toi. C’est ce vers quoi tendent les chefs d’œuvre, non ^^ ?

      Je suis d’accord, mais il y a tout de même une certaine ironie là-dedans. Je ne suis pas un nolife subit, dans le sens où j’ai toujours des possibilités de retourner dans une sociabilité normale. Mais j’ai fait le choix de réduire au minimum ma sociabilité, et de maximiser mon temps de réclusion, parce que j’ai l’impression d’être plus à l’aise dans ce petit monde virtuel. J’éprouve plus de bonheur au quotidien dans des jeux, des animes et des mangas, ainsi que sur des forums ou des blogs, que dans la plus sympas des soirées mondaines. La virtualité m’est familière et compréhensible, même avec son lot de limitations et de frustrations. La réalité m’apparaît a contrario cruelle, hostile, pleine d’hypocrisie et de sous-entendue, bref sans intérêt. La seule manière que j’ai de profiter du réel, c’est de m’isoler.
      Aussi, se voir révéler par une fiction que la réalité des relations humaines peut valoir le coups, c’est véritablement quelque chose de bouleversant. Comme si mon ordinateur me parlait et me disait, avec infiniment d’amour et de douceur, que je ferais mieux de l’abandonner et de changer de vie.


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